Windows on the World of SipaKV

Archive for August 2005

I love google ! But then again, who doesn’t?

I love google especially because thanks to google, a lot of people (and I mean A LOT. You know who you are) who are researching ‘Tantely Ramonjy’, ‘video Tantely’, ‘sipa manja’, and other variations on the same theme, end up on my blog.

So this post is dedicated to Tantely Ramonjy, or rather to Tantely Ramonjy and all the sipa manja of Madagascar whose private lives were violated.

May these lost voyeurs who wander here looking for a glimpse of you be forever cursed : may they lose their internet connection ! may they get dooced ! may they be fired for illegal use of the internet on the work place !

This is how I would like to decorate my house: clean, no frillings, minimalist, modern. All white.

I thought of this yesterday as I was soaking in my bathtub, with my vanilla scented candle and water. I love the Me! Bath Ice Cream fizzies.

You plunge them into water, they instantly dissolve with a nice fizzing sound and your nostrils take in the discreet fragrance of Hawaiian flowers and precious oils. There’s also a Coconut Cove and Peaches’n Cream variety which I haven’t purchased yet but surely will. I love taking baths ! It’s a thing I will surely miss if I ever decide to take the plunge and dutifully head back home. Hello showers, bye bye baths !

So while BandyKV was taking care of ZazaKV, Neny had finally some moments alone, for which she is immensely grateful. I was trying to relax in my tub and my eyes revolted at the sight of my multicolored bath towels : blue, green, red, yellow. You name the color, I have the corresponding towel. Too many. I am sorely tempted to replace them with thick, expensive, Egyptian cotton towels. White as snow ones. They’ll be so soft I’d want to disappear in them. I would finally know what it’s like to be wrapped in a cloud.

I will buy four towels. Two for me and two for BandyKV. No need to buy more than needed, but buy the best you can afford and use it until it falls into shreds. That will be my new defense against consumerism.
I will keep the other towels and see if my mom can find a use for them. I can try to donate them, but I wonder who would want used towels. It’s a little bit like used underwear, I guess. Someone’s naked skin has been intimately rubbed against it.

I think this longing for white and minimalism is in reaction to my house. It is now strewn with multicolored plastic toys, an exersaucer, various rattles in eclectic forms and colors, blue teddy bears and orange giraffes. ZazaKV has more fun crinkling paper and throwing his fruit on the ground (and watching Neny pick up!) than with the brand new electronic Fisher Price telephone we bought him. My son has good taste.

Following my post on the slave ship Meermin and the Malagasy slaves that temporarily managed to take over the ship, you can imagine my excitement when Google News today reports six articles on the archaeologist Jaco Boshoff who thinks he may have found the Meermin !
Click here and here and here.

It should be a great discovery : sofar, they have recovered only 10 slaveships worldwide !

While reading on the Meermin, I also came upon the story of recovering shipwrecked Malagasy slaves on the Island of Tromelin, near Mauritius. The shipwreck of l’Utile happened in 1761. The slaves were left on Tromelin while the French seamen managed to reach Madagascar. The slaves stayed in Tromelin until 1764 when they were finally rescued. Out of the sixty slaves, there were seven women and a little boy left. They were taken to Mauritius.

The UNESCO project, La mémoire naufragée des esclaves de l’utile” is attempting to find the descendants of the seamen and the Malagasy slaves. In 2006, a team of archaeologists and researchers will go to Tromelin and attempt to learn more about the slaves’s life and survival there. Maybe they will even discover the remnants of the l’Utile !

Avec la naissance de ZazaKv, la perpetuation de l’espece KV est en bonne voie, une nouvelle vie a commence (cris vigoureux et tetees gourmandes dans la nuit).

Et contradictoirement, SipaKv se met a avoir des reflexions sur la mort, la vieillesse, les “ou allons nous, d’ou venons nous, que faisons nous ici”, etc… du haut de son age presque respectable. (BandyKv n’est pas d’accord sur ces reflexions trop cerebrales, mais SipaKv est ce qu’elle est.)

J’ai donc decouvert “The Artist’s Way” durant une incursion au Barnes and Noble du coin lors de ma pause dejeuner. Pour ceux qui ne connaissent pas, The Artist’s Way in addition to helping recover the inner artist in each of us, it wants us to explore our spiritual side. All this for us to lead a better life. Bref, on ne fait pas plus Americain comme self-help book!

Normalement, je suis sceptique de tous ces programmes de self-improvement, mais pour une fois, selon l’adage “When in Rome, do as the Romans do” et en immigrante (ou expatriee?) modele en voie de devenir BeKintana, j’emprunte la voie americaine de l’amelioration de soi.

Bon, je n’ai jamais ete tres spirituelle et j’ai perdu la foi jeune, si tant est que je l’aie jamais trouvee, est-ce qu’on perd quelque chose qu’on n’a jamais eu ( blog pour un autre jour). Je me concentre sur la partie qui veut m’aider a dechainer mes forces creatrices et je laisse de cote tout ce qui mentionne l’etre supreme designe vaguement sous le nom “Great Creator”, partially because I like to give myself credit for whatever I achieve.

The Artist’s Way se fait en douze semaines, pendant lesquelles on t’assigne des taches. Des devoirs. Des reflexions.

Le devoir du matin consiste a ecrire ce qui vient a l’esprit. No need to write the Great American Novel. Three pages of longhand free association writing. Ca fait tres Hemingway qui conseillait de pondre mille mots par jour. Je prefere taper sur le clavier.

Le devoir de la semaine c’est de vous consacrer pendant deux heures et toute seule a qqchose que vous aimez faire. Difficile a faire au boulot. A la maison, c’est ZazaKv qui ne serait pas d’accord. Et sa maman non plus d’ailleurs. Mon fils a besoin de moi et il est deja sans moi pendant les heures de bureau. Je veux passer toutes mes heures libres avec lui. Bref, c’est mal parti pour trouver la voie de l’artiste selon Cameron.

Je me contente donc de faire les reflexions et les devoirs qui ne viennent pas entre moi et ma progeniture. Comment gerer sa carriere, son mari et son bebe adores avec ses aspirations artistiques? Certains me citeront Sylvia Plath. Elle a pondu des poemes superbes avec deux gosses en bas age sur les bras, mais ca a plutot mal fini pour elle. Et puis je ne suis pas Sylvia Plath, comme vous vous rendez vite compte en lisant mon blog.

Ma reflexion preferee est celle qui consiste a dresser une liste des professions imaginaires que vous aimeriez exercer : muse, editrice de magazine litteraire, designer, astronome, revolutionnaire. Muse. Ai-je deja dit muse? Je fais ca pendant le trajet boulot-maison. Mon imagination se laisse aller. Ca m’aide aussi a ignorer que je suis coincee dans un embouteillage et a maitriser mon impatience de voir mon bout de chou.

Une autre reflexion consiste a m’imaginer a 80 ans. Ca c’est moins marrant. C’est tres dur de s’imaginer vieille quand on est jeune. Serais-je Miss Maple (frele mais toujours sharp), Jane Fonda (athletique et cultivant la controverse), ou vehivavy dorkasy gasy (releguee par la societe au rang de sage)? Ou alors une vieille dame scandaleuse, aux ongles rouges, au visage refait, montrant mon decollete profond et mon boy-toy age de vingt ans (pardon BandyKV)?

Bon pas tres marrant de s’imaginer avec un esprit jeune de 20 ans prisonnier d’un corps age de 80. Pour calmer cette angoisse et limiter les futurs degats, je me promets de :

  • prendre l’habitude de manger sain,
  • vivre sain,
  • faire du sport (ca va etre dur!),
  • rester alerte mentalement (lire! lire! lire!),
  • booster ma creativite,
  • apprendre et faire un truc nouveau chaque annee (ca te dit de faire du skydiving avec moi, BandyKV?)

Pour ceux et celles que ca interesse : oui, je bouffe toujours vegetarien les jours de la semaine (On me livre maintenant a domicile un panier de produits organiques locaux. Zazakv apprend le vrai gout des legumes.). Ce week-end pourtant, j’ai mange un burger car je suis allee a un BBQ!

Si vous voulez rire… cliquez ici
Rencontres dangereuses !

Un blog sur Madagascar, mais c’est beaucoup moins marrant.

Non, je ne vais pas parler de la question du retour des Palestiniens en terre palestinienne ou israelienne. Je laisse ca a Thomas Friedman du NYT.
Je veux parler de la question du retour de l’immigree que je suis.

A propos, avez-vous remarque que les Occidentaux se qualifient d’expatries et jamais d’immigres lorsqu’ils immigrent?
Jamais je n’ai entendu parler d’expatries mexicains aux Etats-Unis, c’est toujours immigres, immigres, immigres (ou meme wetbacks).

La question du retour se pose peu souvent lors de la vie quotidienne. Je suis tellement attrappee par le tourbillon de la vie (j’adore cette chanson et ce film!) qu’il faut bien reconnaitre que je pense a ca rarement. Difficile d’y penser lorsque ZazaKv reclame son biberon avec une eloquence bruyante, que le linge a laver/menage/diner attend …
Mais de temps a autre, j’y pense.

J’y ai pense lorsque je me suis mariee.
Lorsque mon pere est decede.
Lorsque j’ai su pour la premiere fois que j’etais enceinte.
J’y ai pense lorsque j’ai fini mes etudes, mais malheureusement (ou pas) j’ai eu une offre d’emploi si mirobolante qu’elle ne se refusait pas et donc me voila toujours ici xxx annees apres l’obtention de mon carton.

La question du retour est devenue tres pertinente a chaque fois qu’un evenement essentiel s’est passe dans ma vie.

Est-ce que je veux rester a l’etranger alors que la vie est si courte et que maman veuve est seule la-bas au pays avec son chagrin. Apres tout, ne vit-on pas pour ceux qu’on aime? Et les personnes que je connais qui sont retournees au pays se debrouillent tres bien, dans des boulots challenging qui aident vraiment le pays meme s’ils ne sont pas payes en $. Ma conscience essaie de me dire que d’ici aussi, j’aide Madagascar, mais ca sonne creux.

Est-ce que je veux accoucher seule comme une chienne, ici au loin, denues de famille et de proches alors que meme certains oiseaux et poissons retournent au meme endroit (la ou leurs oeufs ont eclos) chaque annee pondre leur progeniture?

Est-ce que je veux elever mes enfants ici? J’ai passe une enfance enchantee a Madagascar que j’aimerais donner a mes enfants. Comprendront-ils ma nostalgie lorsque je leur parlerai de mes jeux dans la terre rouge, avec des pierres en guise de poupee, des Raosy Jamba et Kasikasi-Kapoaka, des douze collines sacrees, de ce que c’est que d’observer les nuages rouges-violets-bleus de ma fenetre de jeune fille, des sambos et des soupes chinoises, d’Ambila Lemaitso? Ou se contenteront-ils de me reclamer des Burgers et des Freedom fries en levant a peine les yeux de leur PlayStation, et puis maman quand est-ce qu’on va a DisneyLand?

Quand je dis que je vais rentrer a Madagascar, malheureusement il y a des moments ou je n’y crois plus. J’ai arrete d’insister pour qu’on achete une TV compatible au systeme malgache, une machine a laver qui soit convertible au 220V et non seulement au 110V d’usage ici.
Je jette fringues, assiettes, chaussures, des trucs en parfait etat, parfois neufs mais dont je n’ai pas besoin. Je le fais sans etat d’ame, et la pensee ne me vient plus que je risquerai d’en avoir besoin lorsque je rentrerai a Madagascar.
Bref, j’ai arrete de me preparer au retour.

Quand je parle a ZazaKv, c’est dans un melange de Malagasy-Francais-Anglais. Et je lui lis Dr Seuss et Babar en anglais et lui chante des berceuses anglo-saxonnes…
Sa nounou lui parle encore dans une autre langue. Je crois bien que son premier mot ne sera pas malgache. C’est le premier pas vers l’assimilation. Quelle horreur !

Elle a cinquante ans environ, les cheveux blancs immacules, et des lunettes en ecaille delicatement posees sur le bout de son nez aigu.
Elle aime les tailleurs a couleur vive. C’est la fleur du bureau. Un jour, elle vient habillee de rose fuchsia, un autre en rouge orange.
Ses talons sont toujours raisonnablement hauts, comme pour mieux accompagner ses jambes fines et etonnamment musclees pour son age.
Elle pose son mascara avec maestria dans les toilettes lorsque j’y vais pour ma pause-pipi de midi. Elle me sourit et de sa voix grave de contralto me demande comment mon projet s’est conclut.
Je lui reponds que ca s’est bien passe, qu’on m’a complimentee.
Parfois, nous mangeons ensemble a la cafeteria du boulot. Elle aime bien la cuisine italienne : pates et pizzas. Elle me montrefierement les photos de ses petits-enfants. Une blonde, un blond. Elle me confie que sa fille ne lui parle plus. Mais elle ne dit pas pourquoi. Par discretion, je ne lui en demande pas la raison.
Je m’etonne des regards et sourires moqueurs des collegues lorsqu’ils me voient avec elle.
Et puis un jour, on m’attire a l’ecart et avec force sourires et regards brillants, on me revele son secret :
Elle est un homme.
Le lendemain, nous mangeons ensemble une autre pizza a la cantine. Elle me file un tuyau sur comment trouver des jeans qui flattent mon petit derriere plat de sipakv.

Business as usual.



  • Anonymous: Michener, le grand romancier historique raconte dans sa fresque sur l'Afrique du Sud (je ne me souviens pas du titre) la vie d'une esclave Malagasy
  • Anonymous: mahagaga fa misy album nataon'i nicolas vatomanga izay tany amin'ny taona 1999 tany fa tsy nivoaka ilay izy : redalandy (red island) no nataony anaran
  • Zanatany: j'ai hérité (de mes grands parents qui vivaient à Mada depuis 1927)d'une oeuvre phénoménale de Maurice Le scouezec peinte à Madagascar (Mahamas)

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