Windows on the World of SipaKV

Archive for January 2006

Happy Chinese New Year ! 恭喜发财
Happy Tet for the Vietnamese!
Happy Sol Nal for the Koreans!

According to the Chinese lunar calendar we are starting the Year of the Dog today and we are now in year 4704. Doesn’t it sound great to be alive and well in the Sci-Fi like year of 4704? It sounds like a year where Harrison Ford would be hunting down humanoids, but it’s just the year where they will introduce Smart Cars in America. What a let down.

My work place prides itself on being diversity friendly, meaning respectful of all cultures and backgrounds. So the cafeteria celebrates all kinds of holidays, among them the Chinese New Year (since it’s celebrated by Mongolians, Koreans, the Miao , the Vietnamese, Tibetans, the Nepalese and the Bhutanese, shouldn’t it be called something else? The ever diversity respectful company has thought so too and rebaptized it Lunar New Year).

Today there was red and gold decoration on the walls and on the tables: firecrackers, cute little lanterns and umbrellas, “Lai-See” or red and gold envelopes. The menu too was “Chinese”. There was a gigantic line in front of the “entrees” area. By entrees Americans mean pieces de resistance. One of those faux amis, you know. By contrasts, they call the entrees appetizers. On the Food Network channel, they call the appetizers hors d’oeuvres when they want to be a little bit fancy. It is hilarious when the chefs add herbes de Provence to their dishes and call it French. One day a very well known chef even told his admiring audience that if you added saffron to a fish soup it made it a “bouillabaisse“. His pronounciation of the word made it slightly libidinous and if you speak French you know what I mean.

Anyway to return to our sheep … 🙂

People were lining up for Fried Rice and General Tso’s chicken. There were shumais, potstickers and Korean BBQ-ed chicken wings. Even the sandwich stand had chicken satays with peanut sauce (which are Malays or Thais, but who cares?), along side with your ordinary cheeseburger. The soup of the day was egg drop soup with spinach which I tasted. Very salty and absolutely dreadful.

Oh well… The cafeteria gets points for trying not hard enough.

I got some potstickers ($0.50 each. Highway robbery!) and heard loud noises coming from the lobby. Lots of people had gathered in a circle.
Five guys wearing read t-shirts saying “Chinese Boxing Association” were banging drums. In case you are wondering I believe it is the boxing that was Chinese, not the guys, because they were in all colors : Black, White and Asian. Then a big lion with a bopping head came in and danced around the room, undulating its head and tail. It was quite enjoyable to watch. I’m not sure purists would have found authenticity there though. Then one senior Vice President (an Asian one) came in and started a speech. I have an acute aversion to speeches given anywhere so I did not excuse myself and left to enjoy my potstickers.

And that was how my workplace celebrated the Chinese New Year !

San Francisco which hosts the largest Chinatown outside of Asia has a proper 15-day long celebration of the Lunar New Year, as it should be celebrated. And SF’s public schools are closed on this day. My own city won’t hold its American style Chinese New Year parade until Sunday.

To learn more about Chinese New Year as celebrated in American cities, click here.

I hear Asian communities are pushing to have Chinese New Year marked as a proper American holiday.

And again 恭喜发财 !

Il fait -10 degres dehors et 20 degres dans la voiture. Le ciel est d’un joli bleu.
Malgre le froid de canard, nous nous retrouvons dans les rues de Chinatown. ZazaKV est tout blotti contre la poitrine de son papa, et ca fait une bien touchante photo que je ne prends pas car mes doigts sont geles. Heureusement que papa a de gros bras parce que ZazaKV pese lourd!

Chinatown bourdonne d’activites. Les voitures et les pietons se melent sur Canal Street. J’ai une petite nostalgie pour ma ville aux douze collines car Chinatown me rappelle les marches d’Antananarivo avec ses marchands, ses rues grouillantes et ses pavillons. Difficile d’imaginer qu’a peine deux blocs plus loin se situe le quartier chic de SoHo, avec ses galeries d’art, le MoMA Store, les boutiques de fringues de luxe et les lofts modernes qui se vendent a plusieurs millions de dollars.

Non, a Chinatown, comme a Anosibe ou a Analakely du temps du Zoma, les marchands proposent sur des etals en plein air des legumes et des fruits : pommes, poires coreennes, durians aux pointes piquantes, bok choy, pi-sam, broccolis asiatiques et autres ananas en toutes sortes. Un homme au regard endormi garde entre ses pieds un gros seau grouillant de petites betes vertes qui s’agitent dans tous les sens. Je me rapproche pour voir ce que c’est. Des grenouilles vertes bien vivantes entassees les unes sur les autres. Ca me donne un haut le coeur que je reprime vite. J’adore les cuisses de nymphe d’Ambatolampy, alors pourquoi fremir en voyant pulluler leurs proprietaires vivants et bien verts? Je regarde ailleurs quand meme.
Plus loin, les marchands proposent des crevettes et toutes sortes de poissons frais et asseches, il y a des coquillages varies que je ne puis m’attarder a regarder de pres car d’autres pietons me bousculent impatiemment.

Les vendeurs ne se donnent meme pas la peine d’etiquetter la marchandise en anglais. Tout est en chinois. Meme les enseignes du McDo et de Burger King sont en chinois. Une voiture bleu et blanche passe. C’est la NYPD. Les officiers entasses a l’interieur sont aussi asiatiques. Au dessus de moi, tout un mur est peint pour une pub de Western Union. Bien sur, c’est en chinois.
Nous marchons plus loin, traversons rues sur rues pour deboucher sur Mulberry Street et un petit ilot de restaurants. Les boutiques s’ornent de rouge et or en prevision du Nouvel An Chinois est pour le 29 Janvier. Les tsipoapoaka, les dragons, les enveloppes de bonne annee ou les parents glissent des billets d’argent pour les enfants recouvrent les devantures. J’entrevois un Bouddha obese qui sourit comme s’il avait trop bu. Nous n’avons pas le temps d’aller visiter les boutiques de contrefacons ou les sacs, montres et foulards rivalisent de faux luxe. Il fait vraiment trop froid, j’ai peur que ZazaKV n’attrappe la creve.

Nous nous decidons a penetrer dans un boui-boui aux fenetres pas tres propres. Parmi toutes les indications en chinois, on lit qu’on y sert des dim-sums. On s’y engouffre vite. C’est a Chinatown que j’ai goute aux dim-sums pour la premiere fois, il y a neuf ans (!). C’est aussi ici que ma roommate, la sino-juive-qui-ne-sortait-qu’avec-des-Noirs, dont je vous parlais auparavant, m’a introduite aux delices des thes aux boules de tapioca a la mode taiwanaise, il y a maintenant presque cinq ans (re !).

On nous installe a une petite table boiteuse et pas tres propre. Ce n’est pas tres grave. Nos estomacs en ont vu d’autres dans nos pays dits sous-developpes. Le resto se specialise dans les nouilles – nouilles de riz, nouilles aux oeufs, nouilles de ble -. Le menu propose des soupes aux nouilles, des nouilles sautees, des dim-sums varies, des soupes au riz (congee ou jook – ou comme les Malgaches disent “tsok”). La clientele est variee, avec une majorite d’Asiatiques, ce qui est bon signe. BandyKV se decide pour une soupe de nouilles aux pieds de cochon. Tant mieux pour lui. Je prends un plat de nouilles sautees avec du ragout de boeuf. On agremente ca de broccolis chinois sautes a l’ail et d’un plat de shrimp dumplings. Et on arrose ca d’un the au jasmin. ZazaKV partage mes nouilles et mon boeuf. C’est delicieux. Il adore et en redemande, tout en tapant sur la table avec une fourchette. Car on nous a ramenes des fourchettes avec les baguettes. Nous nous depechons de leur donner tort en faisant montre d’une dexterite (et modestie…) certaine avec nos baguettes.

Les serveurs parlent a peine anglais, mais ca ne les empeche pas de suivre le match de football americain a la TV. Le sport est un langage universel, j’imagine, pour ceux qui en sont ferus. Le match les absorbe tellement, ils mettent du temps a venir debarrasser notre table et donner l’addition. Derriere nous, la caissiere remplit quatre gros bols en plastique pour un Take out order. Une petite queue s’est formee devant la porte. A chaque fois qu’un client entre, le froid s’insinue.

Il ne reste plus beaucoup de temps, on rentre ce soir. Nous nous decidons a quitter notre boui-boui. La premiere heure de parking nous revient a $12! C’est un homme reveche et a l’accent russe qui collecte l’argent. Un gardien de parking russe a Chinatown? Apres tout, pourquoi pas…

Comme en temoigne la super photo de Times Square que j’ai postee vendredi, je suis allee a New York durant le week end de Martin Luther King’s Birthday. Je suis encore en train de recuperer, car il a fait un froid glacial, agremente d’un vent piquant et penetrant, dans les rues de la Grande Pomme. Ca fait une semaine que je renifle et que j’eternue comme une locomotive au bureau et que mes collegues me tiennent a bout de bras.

Ceux qui me connaissent savent a quel point j’adore New York. Il n’y a pas plus de ville plus excitante et plus caracterielle sur terre. Il y a des villes plus belles, plus vieilles, et plus accueillantes, certes, mais il n’y en a aucune qui vous revigore comme New York sait faire. Visiter New York est encore le seul moyen legal que j’aie trouve qui me shoote au septieme ciel et me fasse croire en l’homme et en sa toute-puissance, toutes races confondues. Ah oui, le slogan du “I love New York” a du etre cree rien que pour moi (ici pour l’histoire du slogan)!

Il y a des gens qui peuvent vous dire a quel moment precis ils reconnaissent etre amoureux. Moi aussi. Mon amour de New York a ete un “love at zero sight”, “love at ever ever sight”, comme dirait Humbert Humbert. Il a commence avant que j’y mette les pieds, avant de voir Friends ou Breakfast at Tiffanys. Il a commence avant meme que je voie a la tv les sites maintenant familiers aux adeptes de films hollywoodiens. Il a commence lorsque j’avais a peine quinze ans. Il a commence par un livre : “Manhattan Transfer” de Dos Passos. C’est la que mon “New York addiction” (ma dependance comme en dirait en francais, mais ce mot ne contient pas la connotation d’amour et de force que je veux transmettre ici) a commence. Elle n’a fait que se renforcer depuis.

Nous etions coinces dans les autoroutes new jerseyennes, passant par des centres commerciaux ou se retrouvent a l’infini les memes supermarches et boutiques des memes chaines. On peut mourir d’ennui sur les autoroutes. C’est ZazaKV qui pourrait en temoigner. Et il l’a fait bruyamment aussi, desesperant de ce bitume noir qui defile jusqu’a la nausee. Quoi, meme pas de rizieres vertes, ni d’arbres a voyageurs, ni d’eucalyptus gringalets, ni de villages pittoresques a contempler. Pas de joli coucher de soleil qui enflamme le ciel et convertit les athees les plus endurcis. Rien que McDonalds, Popeye, Toys R Us et l’enorme IKEA de Newark ou on n’emerge qu’affuble de meubles en pin bon marche. Design Suedois quand meme.

Apres avoir paye presque une fortune en peages, nous passons par des villes qui s’appellent Elisabeth, Newark et puis ZazaKV et moi avons pousse un grand cri a la vue d’un grand panneau qui annoncait finalement la ville presque new yorkaise de Hoboken. Ca veut dire qu’on est presque arrive! Hoboken, the butt of all New Yorkers’ jokes, est la porte d’entree a Manhattan. Pres d’Hoboken, on traverse le claustrophobique Lincoln Tunnel (two lanes only. What were these people thinking?!) qui va nous faire passer sous l’East River. Interdiction de prendre des photos dans le Tunnel pour cause de National Security. Et pourtant les lumieres des phares m’auraient permis de faire de jolies photos abstraites.

Comme celle ci. Dois je encore vous rappeler que pour la voir dans toute son abstraction, il faut cliquer dessus.

Je range ma camera. Mais ce n’est que pour la ressortir bien vite parce qu’on vient de deboucher sur la 42nd Street. La 42eme est ecrasee de gratte-ciels et un grand panneau lumineux enorme fait la pub du magazine “New Yorker”. La camera clique presque automatiquement.
On passe par Times Square et ses pancartes publicitaires. Les yeux de ZazaKV clignent de surprise. C’est aveuglant toutes ces pubs. J’essaie de montrer a ZazaKV le bol de soupe de pates chinoises qui est toujours aussi fumant.
C’est capitaliste, mercantile et In Your Face. C’est pas sur que ce serait du gout de Dos Passos. Mais enfin, ca fait l’occasion de jolies photos et donne l’occasion de jouer au touriste qui debarque. Mon shutter clique a repetition. Vive Manhattan !

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Sur le Madagascar des annees 30, un certain Maurice Le Scouezec ecrivait :

“C’est un pays de moustiques où le plus dangereux est le fonctionnaire …”

et aussi

“Et un pays de cancans et d’histoires extraordinaires où, comme en toutes les colonies françaises « il faut avoir un père né avant soi ». C’est logique, c’est un pays d’égalité.”

Maurice Le Scouezec ne s’etonnerait peut-etre pas de voir que soixante-dix ans et une independance gagnee plus tard, ses deux phrases sont encore tres justes. Les moustiques sont encore la, plus que jamais resistantes a la Nivaquine. Le fonctionnaire est toujours aussi petit, mais depuis il est devenu sensible aux bakchiches, situation economique aidant. Quant aux cancans, on a beau s’exiler en Amerique, en Europe ou sur la lune, ils vous y suivent. Et les histoires extraordinaires, on en voit tous les jours dans Midi Madagasikara (“Lasa bibilava ny mahalehilahy an’ilay rangahy !”).

Et malheureusement, la mobilite sociale est toujours aussi inexistante car il faut toujours etre “bien ne” (dans la bonne famille, dans la bonne ethnie… ), pour esperer arriver quelque part.

Maurice Le Scouezec (18881-1940), pilotin sur un voilier, soldat, globe-trotter, aventurier et artiste-peintre, fit un petit tour en 1930-1931 chez nous, grace au Prix de Madagascar que lui accorda la Societe des Artistes Francais. Son fils publie plusieurs livres qui lui sont consacres, dont “Le Voyage de Madagascar” paru en 1998 chez Brasparts, reprend les notes de voyage du peintre.

On peut voir (et acheter… si vous avez les poches profondes) certaines des aquarelles qui resulterent de ce voyage sur ce website qui lui est consacre. Comme mes poches ne sont pas profondes, je me contente de baver d’envie.



  • Anonymous: Michener, le grand romancier historique raconte dans sa fresque sur l'Afrique du Sud (je ne me souviens pas du titre) la vie d'une esclave Malagasy
  • Anonymous: mahagaga fa misy album nataon'i nicolas vatomanga izay tany amin'ny taona 1999 tany fa tsy nivoaka ilay izy : redalandy (red island) no nataony anaran
  • Zanatany: j'ai hérité (de mes grands parents qui vivaient à Mada depuis 1927)d'une oeuvre phénoménale de Maurice Le scouezec peinte à Madagascar (Mahamas)

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