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L’art derobe l’aloalo a la mort

Posted on: January 11, 2006

Quelle bonne surprise de trouver un aloalo Mahafaly au sein de l’exposition Jean Pigozzi au Smithsonian National Museum of African Art ! L’exposition s’intitule Masterpieces from the Jean Pigozzi Collection et se visite en ligne ici.

L’aloalo est une oeuvre du Malgache Efiaimbelo. Efiaimbelo que l’on retrouve dans un documentaire d’environ une heure intitulee “YOUNG MAN’S DREAM AND A WOMAN’S SECRET “, que le Smithsonian projette egalement, mais qu’on peut se procurer ici aussi.

L’exposition regroupe des artistes africains de 15 pays et elle est le fruit d’une collaboration entre un collectionneur, Jean Pigozzi, et un curateur, Andre Magnin. Depuis l’exposition “Magiciens de la Terre” du Centre Pompidou qui a fait decouvrir l’innovation et l’originalite de l’art africain contemporain a Jean Pigozzi, le duo a accumule, depuis quinze ans, 6000 objets d’art africains dans la Contemporary African Art Collection, parmi lesquels les aloalos d’Efiaimbelo. L’exposition a deja fait un petit tour a Houston (Jan 29 a May 8 au MFAH), et entre autres Monaco et Paris, en Europe. Sur le web, les oeuvres de Efiaimbelo se retrouvent jusqu’en Australie.

Veuillez visiter le site du Contemporary African Art Collection pour un apercu des aloalos d’Efiaimbelo et une biographie.

Passee mon euphorie initiale, pendant que je contemplais l’aloalo dans ce musee, bien a l’abri des intemperies naturelles, je commencais a eprouver un sentiment d’inconfort. Je trouvais sa presence dans ce musee incongrue. Peut-etre est-ce la familiarite de l’objet et la culture partagee avec l’artiste qui m’empechent de voir un aloalo en tant qu’autre chose qu’un objet funeraire, et par consequent a vouloir le mettre au coin d’une tombe Mahafaly et non dans un musee?


Il ne faut pas mal me comprendre. Loin de moi l’idee de nier qu’un aloalo est une oeuvre d’art. Surtout pas.

L’Occidental craint et tient la mort a bout de bras, contrairement au Malgache. Et a mon sens, cet aloalo la se vidait de son essence dans ce musee. En dehors de son milieu naturel, les tombeaux Mahafaly, n’etait-il pas depouille de sa raison d’etre ? Pour dramatiser et employer les grands mots, cet aloalo la avait ete en quelque sorte, “assassine“. D’ou mon titre pretentieux a dessein : L’art derobe l’aloalo a la mort.

Un aloalo est une celebration de la mort. N’est-ce pas une eulogie, un obituary, un dernier toast a la memoire du mort, un resume d’une vie, un peu a la maniere d’une pierre tombale? Un aloalo prend tout son sens uniquement au dessus d’une tombe. A moins de considerer le musee comme un tombeau (ou un mausolee), idee qui n’est pas entierement fausse a mon avis, la chose correcte a faire serait de ressusciter l’aloalo : le renvoyer a son tombeau.

Les amateurs d’art africain n’ont qu’a se munir de directions et de billets d’avion. Replace dans son contexte, son histoire, son peuple, ils ne l’ont admireront que plus.

Photos prises sur ccacart.com

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3 Responses to "L’art derobe l’aloalo a la mort"

Alleluia ! , en plus du point de vu linguistique « aloalo » viens du mot mahafaly « alo », qui veut dire messager (Decary p 278) et je suis entièrement, comme totalement d’accord avec toi sur le fait qu’il faut qu’il rempli son rôle de messager sinon ce n’est pas un aloalo (CV du défunt …) et que sa forme n’est que secondaire … ou bien tout simplement trouver un nom pour ceux qui n’on aucun rapport avec la mort 😉

je propose comme nouveau nom : OloOlo. 🙂

Ou “ki-olo-olo” mdr.

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  • Anonymous: Michener, le grand romancier historique raconte dans sa fresque sur l'Afrique du Sud (je ne me souviens pas du titre) la vie d'une esclave Malagasy
  • Anonymous: mahagaga fa misy album nataon'i nicolas vatomanga izay tany amin'ny taona 1999 tany fa tsy nivoaka ilay izy : redalandy (red island) no nataony anaran
  • Zanatany: j'ai hérité (de mes grands parents qui vivaient à Mada depuis 1927)d'une oeuvre phénoménale de Maurice Le scouezec peinte à Madagascar (Mahamas)

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